Discours à l'occasion de la fin de session parlementaire

Mardi 23 juillet

Hôtel de Lassay
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et messieurs les ministres, monsieur le ministre des Relations avec le Parlement,
Mesdames et messieurs les vice-Présidents,
Madame et messieurs les questeurs,
Mesdames et messieurs les membres du bureau,
Mesdames et messieurs les Présidents de Groupe,
Mesdames et messieurs les députés, chers collègues,
Mesdames, messieurs,

Vous l’aurez peut-être remarqué, je cite rarement Maurice Thorez, même pour complaire au Président Chassaigne et à ses camarades. Ce soir, pourtant, je suis tenté de le paraphraser en disant : « Il faut savoir terminer une session... »

Je ne parle pas seulement de la session extraordinaire de juillet, je pense à tout le travail abattu en cette deuxième année de législature.

Oui, l’Assemblée nationale travaille, et travaille même beaucoup. Il faut le dire et le redire, jusque sur les plages où vous irez, s’il le faut !

Permettez-moi d’adresser des remerciements particuliers aux vice-Présidents de notre Assemblée, qui, à mes côtés, assurent la bonne tenue de nos séances.

Quand je souligne le travail réalisé, je ne m’adresse pas seulement aux députés, mais aussi à tous ceux qui sont ici présents  et peuvent en témoigner : fonctionnaires, contractuels, collaborateurs d’élus, collaborateurs de groupe, conseillers de cabinet, équipes de l’Hôtel de Lassay, vous contribuez chaque jour, par vos efforts que je salue, à cette vie parlementaire dont nous savons toute l’intensité, mais qui n’est pas assez connue à l’extérieur du Palais-Bourbon.

Or, sans vouloir raviver ce soir de mauvais souvenirs, reconnaissons que cette année de législature a été difficile, pour tout le monde. Notre institution a été attaquée, des députés ont été montrés du doigt, par des émeutiers. Et tout récemment, c’est la Présidence qui a été mise sous les feux de l’actualité estivale.

Le rapport du Secrétaire général, assisté de la déontologue, autorité indépendante, inamovible et non reconductible, est rendu public, un groupe de travail constitué de personnalités incontestables, va formuler ses préconisations. Mais je voudrais souligner un point capital.

Ce qui nous lie tous, par delà nos parcours, nos territoires, nos différences politiques et philosophiques, c’est l’honneur d’appartenir à une même institution, l’Assemblée nationale. Cette institution, essentielle à notre République mais fragile, parce que la démocratie est toujours fragile, cette institution doit être préservée des mauvaises polémiques, auxquelles personne n’a rien à gagner et que nous devons tarir à la source par nos pratiques et nos comportements.

Président de l’Assemblée nationale, cette institution, je veux la défendre, pour nous tous et en votre nom à tous, pour la République et pour la démocratie ; c’est la raison pour laquelle il importe avant tout de valoriser son travail, notre travail.

Mais aussi il nous faut faire connaitre son histoire. Nous en partagerons à la rentrée une page. Quelle ne fut pas en effet mon émotion quand, à l’initiative de Christian Jacob, j’ai reçu l’Amiral Philippe de Gaulle qui nous fit le récit de la reddition des Waffen SS retranchés à l’Assemblée nationale qu’il est venu notifier à l’occupant dans la salle des fêtes.

Nous le recevrons pour entendre et partager ce moment avec lui et l’immortaliser en apposant une plaque commémorative.

Oui, soyons fiers de siéger dans la plus ancienne institution démocratique de notre pays, de notre continent et au-delà.

Quand viendra la rentrée, nous continuerons à légiférer, comme nous continuerons à faire vivre le débat et le contrôle parlementaires.

Nous poursuivrons aussi notre politique d’ouverture, pour ouvrir grand les portes de notre institution, avec les Journées européennes du Patrimoine en septembre, mais aussi l’exposition « La Révolution s’affiche », pour le 230e anniversaire de la Révolution française.

Les assemblées révolutionnaires, nous le savons, siégeaient en permanence, y compris l’été, ce qui donna le meilleur mais aussi le pire... C’est pourquoi d’ailleurs on inventa les vacances parlementaires !

Dans l’ancien calendrier révolutionnaire, nous sommes aujourd’hui le 5 thermidor, autrement dit « le mois de la chaleur » : et vous savez que Thermidor fut fatal à Robespierre. Je vois ici quelques robespierristes, mais je vous propose à tous de devenir thermidoriens : autrement dit, les dernières navettes terminées, je vous invite à faire une pause.

Une pause pour réfléchir, pour se ressourcer, pour faire du bon travail.

Car les vacances, ce n’est pas la vacance, encore moins la vacuité : c’est un moment privilégié pour avancer, pour partager, se construire, passer du temps auprès des siens, lire, voyager et surtout rêver.

Même le législateur a besoin de repos, de ce repos reconstituant qui permet de repartir pour de nouveaux combats républicains.

Dans cet esprit, je salue de nouveau tout le travail que, collectivement, nous avons réalisé ; et, chaleureusement, en cette fin de session, je souhaite à chacune et chacun d’entre vous des vacances parlementaires bien méritées et je vous dis aussi que c’est avec un réel plaisir que je vous retrouverai en septembre.

Je vous remercie.

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