Ouverture de la Fête de la Mer et des Littoraux

Mercredi 3 juin

Galerie des Fêtes

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Madame la ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche, chère Catherine Chabaud,

Madame la députée, chère Sophie Panonacle,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Monsieur le Chef d’État-major de la Marine, Amiral,

Monsieur le délégué général du Québec à Paris,

Mesdames, messieurs les pêcheurs, artistes, scientifiques, sauveteurs,

Mesdames, messieurs,

« Pourquoi devrais-je me soucier de l'océan ? Parce que c'est lui qui abrite la majeure partie de la vie. Parce que 97 % de l'eau s'y trouve. Parce que l'océan, c'est le cœur bleu de notre planète. (…) Et pour le protéger, tout le monde a le pouvoir de faire quelque chose… »

Ces mots sont ceux de l’immense océanographe américaine Sylvia Earle. Ils nous placent d’emblée face à notre responsabilité : celle de protéger notre planète Mer.

Cette responsabilité, la France l’assume.

Elle l’assume avec fierté, audace et ambition : parce que la France est, par essence, une grande et fière nation océanique.

Oui, soyons fiers d’être une nation bleue ! Soyons fiers de nos horizons ouverts aux quatre vents du globe. Soyons fiers de veiller sur la deuxième plus grande Zone Économique Exclusive au monde, et la seule à être présente sur tous les continents !

Des rivages caribéens de la Guadeloupe et de la Martinique jusqu'à ceux de La Réunion et de Mayotte dans l’océan Indien ; des îles australes de Kerguelen ou de Crozet fouettées par les vents antarctiques, jusqu'aux lagons turquoise de Polynésie ; du Pacifique Sud, avec la Nouvelle-Calédonie, jusqu'à l’Atlantique Nord, avec Saint-Pierre-et-Miquelon, tout près du Québec, Monsieur le Délégué Général... oui, partout, une même fierté bleue nous rassemble et nous unit !

Cette splendeur de notre domaine maritime, nous l'avions mise à l'honneur ici même, en novembre. Pour la première fois dans l’histoire de l'Assemblée nationale, nous avions célébré les Terres australes et antarctiques françaises, aux côtés de mon camarade voileux Jimmy Pahun, co-président du groupe d’études dédié, et de sa co-présidente Clémence Guetté.

**

Mesdames, Messieurs, certes, notre gigantesque domaine maritime nous confère des droits. Mais il nous impose surtout des devoirs. Il nous place devant une triple responsabilité : écologique, géopolitique et économique.

Alors que nos 565 aires marines protégées abritent 6 espèces de mammifères marins sur 10, et près de 20 % des atolls planétaires, notre première responsabilité est écologique. Et nous l'assumons à toutes les échelles.

Au niveau mondial tout d’abord. Ce fut tout le sens de la Conférence des Nations unies sur l'Océan à Nice, il y a un an. Ce sommet a permis une avancée historique : l’entrée en vigueur du Traité onusien sur la Haute Mer, ratifié par plus de 80 pays désormais.

Et je suis aussi fière de rappeler que la ratification de ce traité a été approuvée à l’unanimité par l'Assemblée nationale. C’est la preuve que face à l’urgence écologique, comme sur bien d’autres sujets, les députés savent s’élever au-delà de tous les clivages.

Cette ambition écologique, nous la portons aussi au niveau national.

Je pense à la proposition de loi visant à accélérer le transport maritime à propulsion vélique, elle aussi adoptée à l'unanimité en première lecture. Porté par ma collègue Agnès Firmin Le Bodo, ce texte transpartisan donne un coup d'accélérateur à une filière d’avenir qui générera plus de 4000 emplois d’ici 2030 et permettrait des gains énergétiques, écologiques et économiques.

Le futur est même déjà là, sous nos yeux ! En effet, le mois dernier, sur le site d’ArianeGroup aux Mureaux, j’ai mesuré de nouveau toute l’ampleur de cette révolution vélique avec le Canopée. Cette merveille d’ingénierie traverse déjà l'Atlantique pour acheminer les lanceurs d’Ariane 6 en Guyane, en consommant 30 % de carburant en moins. C'est la démonstration que l'audace industrielle peut épouser l'exigence environnementale.

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Mesdames, Messieurs, notre deuxième responsabilité, comme grande nation bleue, est géopolitique et militaire. Dans un monde tempêtueux, où les tensions se cristallisent dans les détroits, la France doit défendre ses mers. Elle doit défendre ses intérêts. Elle doit défendre le droit international.

Depuis 400 ans et la signature, par Richelieu, de l’édit de Saint-Germain, cette mission cruciale incombe à notre Marine nationale.

C’est pour honorer cet héritage que l'Assemblée nationale accueille une exposition dédiée ce soir. Et je serai moi-même ce samedi à Saint-Germain-en-Laye, aux côtés du Président du Sénat, pour saluer ces quatre siècles d’honneur, de valeur, et de discipline.

Cette histoire quatre fois séculaire nous oblige aussi pour l’avenir, Monsieur le Chef d’État-major de la Marine. C’est pourquoi les crédits militaires auront été doublés en dix ans : grâce à l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire, ils atteindront plus de 76 milliards en 2030.

Cette « LPM » acte en outre la mise en chantier de notre Porte-avions de nouvelle génération, la France Libre. Elle modernisera notre flotte avec de nouvelles frégates, 6 SNA Barracuda, et une dronisation massive de nos équipements.

Pour mesurer l'urgence et la pertinence de ces moyens, j'ai tenu à aller à la rencontre de nos équipages. À Toulon, à bord du SNA Suffren et de la frégate Chevalier Paul. Et à Brest, auprès de notre Force Océanique Stratégique, à bord du Terrible.

Oui, la France est fière d’être une grande puissance militaire maritime. Et au nom de la Représentation nationale, je remercie l’ensemble des personnels de la Marine Nationale. Vous protégez notre liberté. Vous protégez notre souveraineté.

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Mesdames, Messieurs, notre troisième responsabilité comme nation bleue est enfin économique et humaine. Elle nous impose de soutenir nos pêcheurs – eux qui nous nourrissent, qui font vivre nos criées et rayonner notre gastronomie.

Afin de les protéger face aux tempêtes économiques, le gouvernement a étendu l'aide carburant, à hauteur de 30 à 35 centimes d'euro par litre. Plus qu'une mesure de soutien, c'est une mesure de justice.

Pour toujours mieux entendre et comprendre les attentes de nos pêcheurs, je me rends aussi régulièrement à leurs côtés. Il y a quelques mois, j’étais dans le Finistère, à la criée du Guilvinec. Et ce vendredi, à 4h du matin, je serai en Vendée, sur le pont, en mer avec les pêcheurs, avant d’arpenter la criée de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.  

D’ailleurs, puisque je prends souvent la mer, comme Présidente de l'Assemblée nationale ou comme voileuse amatrice en Bretagne, certains glissent avec malice que je suis la Présidente qui a le plus le pied marin ! Et je l’avoue volontiers, je fais tout pour être fidèle à cette petite réputation ! Puisque dès demain, en Vendée, je serai aussi à bord, avec l'association Access Vie, qui accomplit un travail admirable pour l'inclusion par la voile des jeunes en situation de handicap.

Cette générosité, cette abnégation, ce sens du collectif... c'est ce que nous retrouvons chez les bénévoles de la Société Nationale de Sauvetage en Mer dont je salue les représentants. Vous êtes nos héros du quotidien. Le visage de cette société de l'engagement dont notre pays a tant besoin.

**

Chère Sophie Panonacle, je voudrais enfin te remercier pour ton énergie inépuisable. Grâce à ton action, depuis 8 ans désormais, la vague de la Fête de la Mer et des Littoraux déferle jusqu’à Paris. Et c’est toujours un plaisir de vous accueillir ici à l’hôtel de Lassay pour célébrer ensemble cette belle initiative.

Mesdames, Messieurs, puisque nous avons parlé de voile, je conclurai avec les mots de la grande Isabelle Autissier, première femme à avoir bouclé le tour du monde à la voile en solitaire : « On a souvent pensé la nature comme un ennemi qu'il faut dompter. Sauf que l'océan, vous ne pouvez pas le dompter. Il faut avoir bien conscience que c'est à nous de bouger. L'océan, de toute façon, lui, ne bougera pas. »

Alors, mes chers amis, ayons le courage de bouger, d'innover, de protéger notre ambition maritime, avec une fierté et une détermination aussi irrésistibles que la marée montante.

Vive la mer, vive la République, et vive la France !

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