Mardi 20 octobre 2026
Discours
Discours
Ouverture du colloque « 10 ans après la loi Sapin II »
Mardi 13 octobre
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Galerie des Fête
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames, messieurs,
Grêle.
Sécheresses.
Canicules.
Méga-feux.
Épizooties de dermatose nodulaire contagieuse, de fièvre catarrhale ovine, de grippe aviaire ou nouveau virus « Shamonda ».
Ajoutez-y la flambée des prix du carburant et des intrants, les tensions commerciales et un projet de coupes dans le budget de la PAC,
Et vous obtenez le quotidien anxiogène et crisogène de nos agriculteurs.
Or, face à chaque choc, notre réponse est souvent la même : une aide d’urgence, un plan d’urgence, une loi d’urgence. Et il le faut.
Mais nous ne pouvons plus gouverner la ferme France d’urgence en urgence.
Parce que ces crises se répètent.
Elles se cumulent.
Elles deviennent notre nouvelle normalité.
Alors, il faut changer de méthode.
Ne plus seulement réparer. Mais préparer.
Ne plus changer de pansement. Mais penser le changement.
Cette conviction, je l’ai aussi forgée sur le terrain, au fil de mes très nombreuses rencontres avec les agriculteurs : dans la ferme avicole de Marie-Jeanne, dans les Côtes-d'Armor, sur le marché de Pithiviers, ou encore dans les foires de Châlons-en-Champagne, des Hérolles et de Lessay.
Partout, j'ai entendu la même attente : la demande d’un cap, d’une vision.
Tel sera l’enjeu de notre Assemblée des idées.
**
Soyons justes : ces dernières années, le Parlement a agi.
En 2025, la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire a reconnu l’agriculture comme un « intérêt général majeur », fait du renouvellement des générations une priorité, et simplifié le régime de la haie et du contentieux agricole.
Le 18 août dernier, une nouvelle loi d’urgence a, entre autres, créé les « projets d’avenir agricole », pour structurer les filières les plus menacées.
Mais une succession de textes ne peut tenir lieu de vision.
La vraie question est : quelle agriculture voulons-nous dans 20 ans ?
Qu’allons-nous cultiver dans une France à + 4 degrés ? Quelles semences utiliser ? Comment régénérer nos sols ? Diminuer notre dépendance aux engrais de synthèse, pesticides et autres intrants ?
Comment mieux, aussi, s’inspirer des exemples étrangers ? Sur l’eau par exemple, la France réutilise moins de 1 % de ses eaux usées traitées. L’Espagne 14 %. Israël plus de 80 %. Ces écarts doivent nous interpeller.
**
J’aimerais également poser cette autre question, un brin provocatrice : à quoi bon imaginer le meilleur modèle agricole si nous n’avons plus personne pour le faire vivre ?
Notre agriculture fonce en effet vers un mur démographique. Près de la moitié de nos exploitants seront partis à la retraite en 2030.
Il faut donc susciter des vocations. Faciliter l’installation. Rendre le foncier accessible. Et permettre à ceux qui nous nourrissent de vivre dignement de leur travail. Parce qu’on ne transmet pas un métier lorsque ceux qui l’exercent disent à leurs enfants : « Surtout, ne fais pas comme moi. »
C’est pourquoi je ne cesse aussi de m’engager pour la transmission agricole, comme pour valoriser l’excellence de nos filières de formation — encore cette année au Salon de l’Agriculture, lorsque j’ai remis le Trophée international de l’enseignement agricole au lycée agricole de Mirande.
Ici même, à l’Assemblée, j’ai noué des liens forts avec nos lycées agricoles. Chaque année depuis 2023, lors de la semaine du Salon de l’agriculture, une vingtaine d’établissements fournissent leurs produits d’excellence à nos sites de restauration - qui nourrissent chaque jour plus de 2 000 personnes. Ce partenariat a également permis, à de nombreux jeunes, de venir découvrir l’Assemblée.
Toujours dans cette démarche d’exemplarité, notre Assemblée progresse aussi vers l’application totale de la loi EGAlim, tout en étant mieux-disante notamment en matière de bien-être animal.
**
Mesdames, Messieurs,
Pour construire et définir l’agriculture du XXIème siècle, il nous reste un dernier obstacle : la polarisation de notre débat public.
Trop souvent, l’agriculture est réduite à un champ de bataille binaire. D’un côté, ceux qui défendraient les agriculteurs ; de l’autre, ceux qui protègeraient l’environnement et la santé.
Cette fracture s'est cristallisée sur la loi « Duplomb ». La pétition qui s’y opposait a recueilli 2 131 368 signatures, un record sur le site de l’Assemblée.
Mais faut-il se résigner à une France coupée en deux ? Je m’y refuse !
Car enfin, qui sont les premiers exposés aux pesticides avec 94 % des reconnaissances et indemnisations ? Qui souffrent le plus lorsque les sols ou les ressources en eau s’épuisent ? Les agriculteurs eux-mêmes.
Au fond, les préoccupations des consommateurs et des producteurs convergent : favoriser une alimentation protégeant la santé et valorisant le savoir-faire français.
Notre responsabilité politique est donc de prendre de la hauteur, de porter une vision nuancée et apaisée de ce débat, afin de sceller cette alliance entre la terre et la table.
Telle est l’ambition de ces Assemblées des idées : faire entendre la complexité contre les caricatures. Dépassionner le débat. Ouvrir l'Assemblée nationale et rapprocher l'échange citoyen de la délibération parlementaire.
Et pour cela, nous avons la chance de réunir des intervenants aux expériences complémentaires.
Je remercie également Frédérique Courtadon, présentatrice de l’émission Very important paysans sur LCP, qui animera nos débats.
**
Mesdames, Messieurs,
« Agriculture : produire, protéger, rémunérer - peut-on tout concilier ? »
Ce trilemme sera au cœur de cette Assemblée des idées.
Excellente ADI à tous !
Et que vive l’agriculture française !
Mardi 20 octobre 2026
Discours
Ouverture du colloque « 10 ans après la loi Sapin II »
Lundi 19 octobre 2026
Discours
Inauguration d’une plaque en hommage à René La Combe
Vendredi 16 octobre 2026
Discours
Clôture du colloque sur les 80 ans d’ancrage constitutionnel du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)
Jeudi 15 octobre 2026
Discours
Conférence européenne des Présidentes et Présidents de Parlement de l’APCE - Intelligence artificielle et marché du travail
Jeudi 15 octobre 2026
Discours
Conférence européenne des Présidentes et Présidents de Parlement de l’APCE - Démocraties résilientes : unies face aux menaces hybrides
Mardi 13 octobre 2026
Discours
Ouverture de la séance des Questions au Gouvernement - Hommage à M. Gabriel Serville
Mardi 13 octobre 2026
Discours
Cérémonie d’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Aimé Césaire
Jeudi 8 octobre 2026
Discours
Ouverture du colloque de la Croix-Rouge « Préparer les populations aux crises »
Mardi 6 octobre 2026
Discours
Ouverture des 10 ans du Conseil d'orientation des politiques de jeunesse
Lundi 5 octobre 2026
Discours
Installation de la statue de Louison Chabry en Salle des Bustes
Lundi 5 octobre 2026
Discours
Ouverture de la pièce « Robert Badinter, l’enragé de justice » à l’occasion de la 8e Nuit du droit et des 45 ans de l’abolition de la peine de mort
Lundi 28 septembre 2026
Discours
Ouverture de l’événement « 70 ans du Planning familial »
Mardi 15 septembre 2026
Discours
Ouverture du colloque « 90 ans de Front Populaire ! »
Vendredi 11 septembre 2026
Discours
Ouverture du 24e Sommet des Présidents d’assemblée des États membres du G7 Parlementaire