Mardi 25 novembre 2025
Discours
Discours
Journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes
Mardi 25 novembre
Hémicycle
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et messieurs les députés, chers collègues,
Mesdames et messieurs les membres de la famille d’Olivier Marleix,
Il est des moments où notre hémicycle se pétrifie dans la stupeur et la sidération.
Le 7 juillet dernier fut de ces jours - lorsque la nouvelle de la disparition d'Olivier Marleix nous surprit, nous saisit, nous meurtrit.
Olivier Marleix était des nôtres.
Il était un pilier, une colonne du Palais-Bourbon.
Il était une voix familière de notre hémicycle, respectée bien au-delà des rangs qu'il présidait.
Pour beaucoup, il était aussi un ami.
Aujourd'hui, c'est à l'homme, au parlementaire chevronné, au serviteur indéfectible de la France que nous rendons hommage, dans la solennité de cet hémicycle où il siégea treize années durant.
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Pour comprendre l’engagement politique d’Olivier Marleix, il faut remonter à sa source. Pour lui, la politique était une langue maternelle - ou plutôt paternelle.
Son père, Alain Marleix, fut en effet, durant 40 ans, le « Monsieur carte électorale » du RPR. Il fut aussi député du Cantal et Secrétaire d’État entre 2007 et 2010.
Tout juste âgé de 5 ans, le jeune Olivier se rendait, en famille, au siège du RPR, retenant tous les noms des députés et employés du parti gaulliste. À la maison, quand il répondait au téléphone, il avait à l’autre bout du fil Maurice Couve de Murville, Pierre Messmer, ou l’amiral Philippe de Gaulle.
C’est donc naturellement qu'à l’âge de 12 ans, pour les municipales de 1983 à Paris, le jeune Olivier fit ses premières armes en politique. Aux aurores, avant le collège, il distribuait des tracts pour Jacques Chirac, qu'il comparait volontiers à Johnny Hallyday.
Son militantisme se poursuivit au sein de l’Union des jeunes pour le progrès, le mouvement des jeunes gaullistes ; puis au Sénat, où il devint, à 20 ans à peine, le proche collaborateur de Charles Pasqua, président du Groupe RPR.
Après cette expérience au Palais du Luxembourg, jeune diplômé de Sciences Po mais déjà empreint d'une grande maturité, il entama un parcours comme conseiller en cabinet, notamment auprès de Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux, Claude Guéant et du Président Nicolas Sarkozy, en qualité de conseiller chargé du lien avec les parlementaires.
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En 2012 cependant, l’ascétisme des cabinets, qu'il jugeait trop « monacal », ne lui suffisait plus.
Il se présenta donc au suffrage universel - non dans le Cantal paternel, par refus viscéral d’être un héritier, mais dans la 2e circonscription d’Eure-et-Loir.
De ces quatre victoires consécutives aux législatives, il parlait avec une fierté immense, car elles touchaient à la quintessence de son engagement. « Pour un député, vos patrons, ce sont vos électeurs », confiait-il, « ce qui place une certaine forme d'exigence sur vos épaules ».
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Cette exigence, il se l'imposa à lui-même, sans relâche, à l'Assemblée nationale.
De 2012 à 2025, en bretteur et rhéteur estimé et respecté, il devint un pilier de la Commission des Lois, s’imposant comme un technicien rigoureux et méticuleux.
Ses combats furent à son image : exigeants et sans concession.
Et d’abord son combat pour l’indépendance et la souveraineté industrielle de la France : une évidence pour ce patriote, admirateur du gaullo-pompidolisme. Chacun se souvient de la passion, de l’intransigeance, de l’exigence, avec laquelle il présida la Commission d'enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle.
Un autre de ses grands combats fut celui pour l'intégrité et la déontologie parlementaires. Il batailla pour durcir notre législation pour la transparence de la vie publique et contre la corruption. Lui qui, selon son frère Romain, avait « une conception sacerdotale de l’engagement civique », n’eut de cesse de pourfendre le pantouflage, qu'il qualifiait de « plaie de la République ».
Enfin, son troisième grand engagement fut celui pour la sécurité des Français.
Le destin, parfois, dessine de poignantes symétries. Sa dernière intervention dans cet hémicycle porta sur ce sujet, alors qu'il défendait une proposition de loi dont il était le rapporteur. De même, sa toute première intervention, le 6 novembre 2012, portait elle aussi sur la sécurité des Français, plus précisément sur la police de proximité.
Et ce jour-là, on devinait déjà tout de l'homme : sa fermeté, mais aussi son humour pince-sans-rire. Il lança ainsi cette saillie à Manuel Valls : « Vous semblez, monsieur le ministre [de l’Intérieur], vous distinguer par un certain pragmatisme, ce qui est sans doute ce qu’il y a de mieux à espérer d’un socialiste en matière de sécurité. »
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Chers collègues, derrière l'homme politique, il y avait avant tout l'homme. Un homme au regard complice et caustique, à l’humour acéré, tranchant, pertinent.
Oui, la personnalité d’Olivier Marleix était un fascinant alliage de contrastes. Cet homme à la stature imposante, à la parole et au caractère parfois rêches, recelait aussi une tendre et profonde sensibilité.
Cantalien dans l’âme, sage depuis l’enfance, il était taiseux, discret, secret. Il n’était pas fait pour le monde des buzz, des clashs et des petites phrases. Il leur préférait la sincérité des engagements et la puissance des convictions.
Gladiateur parlementaire accompli, sincère et vrai, il fut ainsi un opposant à la dent dure, redouté et redoutable. Un grand journal du soir écrivit même de lui : « Si l’antimacronisme était enseigné au Collège de France, Olivier Marleix en tiendrait la chaire ».
Oui, Olivier Marleix était redoutable, mais il fut toujours respectueux de nos institutions. Élu sur des terres qui connurent l'extrême-droite, il incarnait la fidélité à la droite et la droiture républicaines, plaçant toujours l’intérêt général au-dessus de tout.
Je peux en témoigner, pour avoir siégé cinq ans à ses côtés à la Commission des Lois, puis travaillé étroitement avec lui en Conférence des Présidents. J'ai le souvenir de son engagement constructif, sur les prisons ou la déontologie, où il sut dépasser les postures et les clivages pour œuvrer au service du pays. Toujours, nous avons travaillé en bonne intelligence - dans l’estime et l’appréciation mutuelles.
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En parallèle de ce destin national, Olivier Marleix n’oublia jamais son profond ancrage local.
Elu de terrain avant tout, le député eurélien prisait passionnément le contact humain, la possibilité d’améliorer concrètement la vie de ses mandants. « Je suis la seule relation de ceux qui n’en ont pas », expliquait-il pour justifier ses longues heures passées avec les Euréliens qu'il aimait tant, qu'il respectait tant.
Conseiller général puis vice-Président du Conseil Départemental, maire d’Anet de 2008 à 2017, il se passionna pour l’histoire politique de son département, au point de co-signer, en 2007, une biographie de Martial Taugourdeau, député puis sénateur d'Eure-et-Loir, dont il fut le directeur de cabinet.
Il voyait dans le « bon docteur Taugourdeau », je cite son livre, « un homme de droite (…) plus sensible qu’un autre à la détresse humaine ». Sans doute ce portrait était-il aussi un autoportrait.
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Homme de cœur, homme de terrain, Olivier Marleix était aussi un homme de lettres – lui qui cultivait une curiosité intellectuelle aux multiples facettes.
Je mentionnerais sa passion pour l'histoire, de Richelieu à De Gaulle et Pompidou, lui qui avait pour livre de chevet « Le Nœud Gordien » du Président Cantalien.
Son amour pour la littérature, de Belle du Seigneur aux Mémoires d’Hadrien.
Sa passion pour la musique – il jouait du violon et adorait Leonard Cohen.
Et sa dilection, plus méconnue, pour la peinture : car il maniait les pinceaux, et avait aussi accroché, dans son bureau de député, des toiles d’Yves Lévêque, un peintre eurélien. Dont notamment un paysage tellurique et bucolique qui était à son image : si terrien et si sensible.
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Mesdames et messieurs les députés, chers collègues,
Dans la postface du dernier ouvrage d’Olivier Marleix, sa famille, présente ce jour dans nos travées et que je salue, écrit ces mots, je cite : « Olivier était un homme d’engagement, quel qu’en soit le prix. Un engagement total pour ses combats au service de la France, un engagement total au service de ses concitoyens ».
Mes chers collègues, souvenons-nous que derrière les armures, il y a des êtres de chair et de sang, avec leurs forces et leurs failles.
Nous nous combattons si durement, si âprement, que nous oublions parfois que nous formons une même famille, la famille parlementaire. Ne l’oublions plus.
En cette heure, il nous incombe de méditer sur l'héritage qu’Olivier Marleix nous lègue, dans les ultimes lignes de son ultime ouvrage. Il y confie, je cite, « une ambition collective », celle de construire « une nation plus fraternelle ».
Aujourd'hui, nos pensées se tournent vers sa famille et tous ses proches. La représentation nationale s’associe à votre peine. Votre deuil est le nôtre.
J’adresse aussi une pensée particulière à nos collègues du groupe Les Républicains, qui pleurent un ancien Président respecté et aimé.
En hommage à notre collègue disparu, je vous invite à observer une minute de silence.
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