Mercredi 11 février 2026
Discours
Discours
Ouverture de la 34e cérémonie des Prix du Trombinoscope
Samedi 7 février
Anet
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Président du Département,
Madame la Maire,
Monsieur le Président de la Communauté d'agglomération du Pays de Dreux,
Mesdames et messieurs les élus locaux,
Monsieur le Sous-préfet,
Mesdames et messieurs les membres de la famille d’Olivier Marleix,
Mesdames, messieurs,
« La République doit être celle des politiques au sens vrai du terme, ceux pour qui les problèmes humains l’emportent sur tous les autres, ceux qui ont de ces problèmes une connaissance concrète, née du contact avec les hommes (…). »
Cette sentence extraite du Nœud gordien de Georges Pompidou, Olivier Marleix la citait souvent. Elle résumait son engagement politique, comme son attachement viscéral à son département d’Eure-et-Loir et à sa ville d’Anet, dans laquelle nous nous réunissons aujourd'hui pour lui rendre hommage.
Maire d’Anet de 2008 à 2017, conseiller départemental d’Eure-et-Loir de 2008 à 2014, député de 2012 à 2025, Olivier Marleix personnifiait l’élu de terrain et de terroir.
Lui qui avait quitté le Cantal familial par refus d’être un héritier, avait trouvé ici, dans cette plaine eurélienne, une terre d’élection et d’affection.
Oui, Olivier Marleix chérissait passionnément le Drouais. Il ne cessait de l’arpenter, semaine après semaine, à la rencontre de ses mandants. Dès son arrivée, il avait tenu à se présenter à tous les habitants, en sonnant à chaque porte, en serrant chaque main.
Proximité, simplicité, humanité : telle était la « méthode Marleix ». À sa permanence ou au supermarché où il faisait ses courses chaque week-end, il était toujours accessible. Toujours disponible. Toujours là pour résoudre un problème de logement, de santé.
Il avait à ce sujet cette phrase terrible et magnifique : « Je suis la seule relation de ceux qui n’en ont pas. »
Cette exigence de proximité, vous l'avez décrite avec le cœur, Madame la Maire, chère Aliette Le Bihan, en évoquant un « homme de terrain, de conviction, de discrétion, et toujours visionnaire ».
Je veux aussi vous saluer, Madame la députée Christelle Minard. Vous avez eu ces mots justes pour honorer un homme qui « savait écouter, rassembler, fédérer, et surtout être un député utile, comme il se plaisait à le dire. » Je sais que c’est dans cette continuité, faite d'humilité et d'écoute, que vous exercez désormais ce mandat.
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Mesdames, Messieurs, si vous avez bien connu Olivier Marleix ici en Eure-et-Loir, c’est bien sûr surtout à l’Assemblée nationale que j’ai eu le plaisir de le fréquenter.
J’ai siégé avec lui de nombreuses années, à la Commission des Lois puis en Conférence des Présidents. Et je peux vous le dire : il était toujours le même. Pudique. Réservé. Mais surtout respecté, voire redouté, pour sa rigueur et sa force de travail.
Olivier Marleix, c’était le droit. C’était la droite. Et c’était la droiture.
À l'Assemblée, il fut un pilier, un roc de la Commission des Lois. Grand défenseur de la déontologie et de l’intégrité parlementaires, il chérissait, selon son frère Romain, une vision « sacerdotale » de l’engagement public, pourfendant les conflits d’intérêt et le pantouflage, qu'il qualifiait de « plaie de la République ».
Un autre de ses grands engagements fut pour la souveraineté industrielle de notre pays. Fervent gaullo-pompidolien, il refusait que la France devienne un musée à ciel ouvert. C’est ainsi avec une pugnacité mémorable et redoutable qu'il présida la commission d'enquête sur la politique industrielle, conspuant ceux qu'il appelait « les liquidateurs » de l’industrie.
De sa première à sa toute dernière intervention dans l’hémicycle, Olivier Marleix s’engagea aussi pour la sécurité des Français. La semaine de sa disparition, il était encore au banc, pour défendre une loi dont il était le rapporteur.
Le député Marleix à l'Assemblée, c'était aussi un style. Bretteur et rhéteur accompli, il était un opposant pugnace, parfois très tranchant. Mais il distinguait toujours le combat des idées du respect des personnes et des institutions, qu'il plaçait au-dessus de tout.
Je peux en témoigner personnellement. À la Commission des Lois puis en Conférence des Présidents, nous avons travaillé ensemble en bonne intelligence. Certes, il ne transigeait jamais sur ses convictions profondes — celle d’une droite sociale, gaulliste et populaire. Mais il savait construire. Quand nous travaillions sur les prisons ou la déontologie, il cherchait toujours à dépasser les postures pour travailler au service de l'intérêt général. Il savait que nous servions tous le même drapeau.
Et lorsque le débat se tendait un peu, il tenait, lui le taiseux, le discret, le sensible, à détendre l’atmosphère par une saillie pince-sans-rire, une de celles dont il avait le secret.
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Cependant, derrière ce masque de gravité, derrière l'armure du politique, se terrait une immense sensibilité. Et même une âme d’artiste.
Qui pouvait imaginer ce député d’un mètre quatre-vingt-dix, manier le pinceau ou prendre un violon, le soir venu, pour jouer ou écouter du Leonard Cohen ? Se plonger avec délices dans Belle du Seigneur ou les Mémoires d’Hadrien ? Ou narrer avec passion la vie de Diane de Poitiers, en l'honneur de qui il imagina, ici à Anet, le Dianetum ou le Centre d’interprétation de la Renaissance ?
Sa disparition brutale nous a rappelé que derrière les écharpes tricolores, il y a des cœurs qui battent. Il y a des hommes et des femmes qui portent sur leurs épaules les angoisses de milliers d’autres, au risque d’oublier les leurs.
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Mesdames, Messieurs,
Je me souviens de l'émotion qui saisit l'Assemblée nationale à l’annonce de la disparition d’Olivier Marleix. Glacés de douleur et de stupeur, tous les députés se levèrent, dans un silence total, sépulcral, empreint de gravité et de respect.
Les hommages affluèrent de tous les rangs, prouvant qu’au-delà de nos divergences politiques, souvent frontales et radicales, nous appartenons à une seule et même grande famille : la famille parlementaire.
Ici, dans ce cœur de ville d’Anet qu’Olivier Marleix contribua à réaménager, nous inaugurons une rue à son nom. C'est un symbole magnifique. Car une rue, c'est ce qui relie. C’est ce qui permet d’aller à la rencontre. Et Olivier Marleix a passé sa vie à tracer ces chemins de rencontre. Entre Anet et Paris. Entre les citoyens et l’État. Entre le problème et la solution.
En cette heure de souvenir, nos pensées affectueuses se tournent vers sa famille et ses proches. Qu’ils sachent que la Représentation nationale continue de se tenir à leurs côtés.
Mesdames, Messieurs,
Olivier Marleix ne foulera plus les rues d'Anet. Mais cette rue portera désormais son nom, et avec lui, la mémoire d'un homme qui a servi la France avec hauteur et son territoire avec cœur.
Un homme, un père, un élu dont nous perpétuons la mémoire, en signe d’émotion, de respect et de reconnaissance.
Un homme qui nous manque - comme il manque à Anet et à la France.
Un homme à qui nous pensons tous aujourd'hui.
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