30e édition de la Fête du Pain Remise du 1er Prix du Concours National de la Meilleure Baguette de Tradition Française
Jeudi 14 mai
Parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française,
Monsieur le président du Syndicat des Boulangers du Grand Paris,
Mesdames et Messieurs les artisans-boulangers et leurs soutiens,
Mesdames et Messieurs,
J’aimerais commencer par citer un grand amateur de gastronomie.
J’ai nommé : le Président Jacques Chirac.
En recevant les artisans-boulangers en 1997 à l’Elysée, il glissa cette confidence, je cite : « Au Japon, quand vous voyez à Tokyo, à Osaka ou ailleurs, une queue, vous pourrez être assuré qu’elle se trouve devant une boulangerie française. »
Moi qui ai vécu au Japon et à Taïwan, je ne peux que valider cette analyse du Président Chirac !
Et je peux vous le confirmer : la première manifestation du mal du pays pour un Français de l'étranger, c’est le blues de la baguette. Ce fameux « Baguette Blues ».
Vous connaissez la chanson de Johnny : « on a tous quelque chose en nous de Tennessee… »
Mais on a tous aussi, en nous, le souvenir d’une boulangerie.
Ce souvenir, c'est le petit craquement sec d’une baguette tout juste sortie du four, dont on vient de rompre la croûte.
C'est ce quignon brûlant qu’on ne peut s’empêcher de croquer sur la route du retour.
Ce sont les miettes que l'on sème sur la banquette arrière de la voiture, au grand dam de nos parents.
Oui, le pain, c'est tant de souvenirs d’enfance. C’est notre madeleine à tous. C'est notre « baguette de Proust ».
Au-delà de nos souvenirs intimes, le pain est surtout le levain de nos liens sociaux. Car cette alliance d’eau, de sel, de levure et de farine incarne également une valeur dont nous avons tant besoin en ce moment : le partage. Le vivre-ensemble. La fraternité. Après tout, ne l’oublions pas : le mot "copain" vient du latin cum pane, celui avec qui l'on partage son pain.
Oui, le pain, c'est ce qui fait notre fierté. Notre identité.
En somme, dans notre pays, le pays de la baguette, le pain a quelque chose de sacré – et je ne dis pas cela seulement parce que nous sommes sur le parvis de Notre-Dame.
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Je veux donc, très solennellement, vous féliciter et vous remercier. Vous, les artisans-boulangers.
Par votre excellence, par la noblesse de vos savoir-faire, vous faites briller la France avec la même intensité que la flèche de Viollet-le-Duc qui nous surplombe à nouveau.
D’ailleurs, comme notre cathédrale de pierre, notre baguette est depuis 2022 inscrite sur les listes du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cher Dominique Anract, je sais combien vous vous êtes battu pour obtenir cette reconnaissance. L’Assemblée nationale vous avait alors apporté son soutien.
Et vous nous le rendez bien : puisque chaque mois de janvier, vous nous permettez, au Palais-Bourbon, de partager un moment de chaleur et de convivialité autour d’une galette géante.
Une galette non pas des rois, je précise, mais républicaine ! Car garantie sans fève ni couronne.
C’est à cette occasion que nous nous sommes rencontrés – et que vous m’avez proposé de remettre ce prix !
Pour honorer le pain.
Pour honorer vos savoir-faire.
Pour honorer une filière d’excellence et vitale pour notre tissu économique.
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En effet, le secteur de la boulangerie, ce sont 200 000 Français qui y travaillent et qui se lèvent avant le coq. Ce sont 12 millions de nos concitoyens qui poussent chaque jour la porte d’une boulangerie. Et c'est aussi un chiffre d’affaires annuel d’environ 16 milliards d’euros – contre 11 milliards en 2020.
Vous représentez donc un secteur pétri d’un grand dynamisme, à la fois paritaire et jeune.
Avec ses 29 000 apprentis, la boulangerie est ainsi une filière d’excellence, qui donne à notre jeunesse le goût de l’effort et du travail bien fait.
Elle est aussi — et cela nous tient tous à cœur — le poumon de nos territoires ruraux. Dans nombre de nos petits villages, la boulangerie représente en effet, avec l’école, le dernier bastion de sociabilité.
C’est pourquoi l’État et les collectivités territoriales doivent vous soutenir sans faillir. Face aux charges qui grimpent, ou face aux prix de l’énergie.
Et en la matière, je le crois profondément : l’action, la volonté et l’engagement collectif portent leurs fruits. Partout sur notre territoire.
En mars 2024, je me souviens être allée, à Mortagne, dans les Vosges. Une commune de moins de 200 habitants, labellisée « Village d’avenir ». Là-bas, j'ai vu l'action publique en mouvement. Le refus du renoncement. Avec l’appui de l’État, la commune et six autres aux alentours se sont unies pour racheter les murs et rouvrir la boulangerie du village. Dès septembre, deux jeunes boulangers vont s’y installer. Deux jeunes qui vont de nouveau pétrir le pain pour les Mortagnais et leurs voisins.
C'est cela, la République en actes. Et c’est ce genre d’initiatives que nous devons démultiplier.
Et nous avons du pain sur la planche. Certes, la France compte presque autant de boulangeries que de communes – près de 33 000. Mais dans la ruralité, depuis 2021, il y a eu plus de fermetures que d’ouvertures de boulangeries. Ce qui fait aujourd’hui, un habitant d’une commune de moins de 2 500 habitants doit parcourir, en moyenne, 2,2 kilomètres pour pousser la porte d'une boulangerie.
C’est pourquoi la Représentation nationale et l’État ont été, sont et seront à vos côtés pour vous soutenir.
Nous l’avons fait avec le bouclier énergétique – et la France a été, parmi nos voisins européens, le pays le plus protecteur ces dernières années.
Et nous continuerons à vous soutenir, par exemple en poursuivant les aides à l'apprentissage, l’un des grands acquis du décennat qui se termine.
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En un mot, comme en cent : la Nation vous doit plus que du respect ; elle vous doit un soutien indéfectible. Parce que vous êtes les gardiens d'un savoir-faire millénaire, parce que vous formez la jeunesse, parce que vous êtes la fierté française, nous continuerons à être à vos côtés.
Alors pour votre courage, pour votre abnégation, pour vos nuits de labeur qui font la douceur de nos matins, c'est un honneur et un bonheur de remettre avec vous les prix du Concours National de la Meilleure Baguette de Tradition Française.
Vive le pain, vive la République, et vive la France !
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