Cérémonie des Vœux 2026 aux parlementaires, aux corps constitués et au corps diplomatique
Mardi 13 janvier
Hôtel de Lassay
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Président du Sénat,
Mesdames et messieurs les ministres,
Monsieur le Vice-Président du Conseil d’État,
Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental,
Madame la Défenseure des droits,
Mesdames et messieurs les membres du Bureau,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le Premier président de la Cour de Cassation,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et messieurs les membres des corps constitués de la République,
Mesdames, messieurs,
« Le succès n'est pas final, l'échec n'est pas fatal, c'est le courage de continuer qui compte. »
Cette maxime du « Vieux Lion », Sir Winston Churchill, résume l’esprit qui doit nous rassembler. Après les succès, ne pas triompher. Devant les obstacles, ne pas renoncer. Avoir, simplement mais résolument, « le courage de continuer ».
Mesdames, Messieurs, ce courage, en cette semaine cruciale pour doter notre pays d’un budget, porte un nom : la responsabilité.
Soyons lucides : la loi spéciale que les députés ont votée à l’unanimité, c’est une roue de secours. Elle permet à la voiture France d'éviter la panne sèche ; mais elle ne nous permet ni d'accélérer, ni d'aller loin ou d’investir pour l’avenir.
Alors que l’examen du PLF reprend cet après-midi dans l’hémicycle, il nous faut donc remettre l’ouvrage sur le métier, nous retrousser les manches - et, surtout, nouer des compromis, en responsabilité.
C'est ce que nos concitoyens attendent de nous. Car beaucoup sont lassés d’un débat budgétaire perçu comme sans fin.
Et surtout, car un budget voté, c'est un impact immédiat et tangible pour nos services publics et la vie de nos concitoyens. Ce sont des moyens supplémentaires pour nos priorités régaliennes : nos armées, la sécurité, la justice. Ce sont des crédits pour nos agriculteurs. C'est aussi le financement de la rénovation thermique. Ne l’oublions donc jamais : derrière la froideur des chiffres, il y a la chaleur des vies.
C'est pour elles que nous devons être à la hauteur de nos responsabilités. C'est pour elles que nous devons continuer à développer cette culture « du pas vers l’autre », ce trésor de cette législature.
Depuis que je fais de la politique, j’agis pour qu’émerge une culture politique du compromis. Or sur le PLFSS, en présidant – avec tous mes Vice-Présidents que je remercie - ces 102 heures de débat qui ont fait honneur au Parlement, nous avons vu prendre forme, depuis le Perchoir, cette nouvelle culture politique - quand des communistes à la Droite républicaine, des compromis se sont noués.
Oui, nous en sommes convaincus : le compromis, ce n'est pas la compromission. C'est la construction. Ce n’est pas se renier, c’est se réunir. Ce n’est pas une faiblesse de la conviction, c’est une noblesse de l’action. Telle est bien ma culture politique : celle de la nuance, du dialogue, du dépassement des clivages.
**
Cependant, voilà le paradoxe. Si cette culture du compromis germe enfin, nos règles l’empêchent de s’épanouir sur les textes budgétaires.
Afin de permettre aux députés de se prononcer sur le budget, j’ai proposé de prévoir un Temps Législatif Programmé. Nous pourrions aussi parler Logement, Agriculture, Energie, en un bloc, pour lier dépenses et recettes. Nos concitoyens ont besoin d’y voir clair. Enfin, le texte en séance doit être celui de la Commission.
J’ai confié la mission de réfléchir à ces modernisations aux présidents Éric Coquerel et Frédéric Valletoux, et aux rapporteurs Philippe Juvin et Thibault Bazin, que je remercie. Et c'est aussi bien sûr une réflexion que nous mènerons avec le Sénat, monsieur le Président du Sénat.
Au-delà du budget, c'est l'ensemble de notre procédure qu'il faut interroger. Et je salue ici l’engagement de notre Groupe de travail transpartisan dédié à la réforme de notre règlement, pour dessiner des évolutions d’ici la fin de session. Je pense notamment à la sanctuarisation de l’ordre du jour transpartisan, ce creuset du consensus.
**
Mesdames, Messieurs, ces réformes ne sont pas techniques : elles sont éminemment démocratiques et politiques. Elles conditionnent notre capacité d’agir mieux, ensemble, et ce, sans attendre mai 2027. Nous n’allons pas passer 18 mois à regarder nos montres, alors que l’heure tourne pour les Français !
2026 devra donc être non une année d’attente - mais une année d’action au service des Français.
Au fond, cela rejoint ma conviction : cette XVIIe législature n’est pas une législature de transition. Car elle laissera son empreinte. Son empreinte dans notre culture politique. Mais aussi et surtout dans le quotidien des Français.
Bien sûr, cette Assemblée est parfois agitée, bruyante et turbulente, à l’image des tensions qui traversent toute notre société. Mais notre Assemblée est aussi une Assemblée qui fonctionne - et qui sait dépasser ses nombreux clivages.
La preuve : 152 textes ont été adoptés en 2025, dont 53 à l’unanimité.
Pour ce bilan, je vous remercie tous : l’ensemble du Bureau, mes Vice-Présidents, les présidents de commission et de groupe, nos questeures et secrétaires. Nous avons œuvré ensemble, par-delà nos différences, en bonne intelligence.
Parmi ces 152 textes adoptés, 48 l’ont été en lecture conforme : preuve de la relation de confiance entre nos deux Assemblées, Monsieur le Président du Sénat.
35 étaient aussi issus des niches et 25 de l'ordre du jour transpartisan : preuve que les parlementaires savent se réunir au-delà des étiquettes partisanes.
Loin des caricatures, ces textes sont connectés au quotidien de nos concitoyens. Ils constituent autant de réponses concrètes pour simplifier, améliorer ou protéger leurs vies dès demain.
C'est avec cet état d’esprit que nous avons redéfini pénalement le viol, après un travail transpartisan de haute volée de Véronique Riotton et Marie-Charlotte Garin. En écho au courage de Gisèle Pélicot, nous avons prouvé que le Parlement était en phase avec la société, connecté à ses mobilisations, fidèle à ses espoirs.
Nous avons aussi agi pour la sécurité des Français, avec la loi d’envergure contre le narcotrafic, ou celle créant le délit d’homicide routier grâce à Eric Pauget.
Nous avons agi pour leur santé, avec le registre national du cancer, en particulier grâce à Michel Lauzzana que je remercie.
En cette nouvelle journée de mobilisation de nos agriculteurs, je tiens aussi à répondre à leurs attentes et leurs impatiences. C’est pour eux que n’avons eu de cesse de nous mobiliser, à l’Assemblée, notamment avec la grande loi d’orientation agricole qui affirme le caractère d’intérêt général majeur de l’agriculture, simplifie les normes et prépare le renouvellement des générations.
Et alors que les angoisses légitimes s’accumulent, j’ai reçu à nouveau tous les syndicats. Je leur ai redit combien nous étions totalement à leurs côtés. Sur le Mercosur, le Parlement a exprimé clairement son refus. Nous continuerons à nous battre au Parlement européen et, si l’accord venait à être appliqué, pour assurer l'effectivité de la clause de sauvegarde, renforcer les mesures miroirs et mettre en place des contrôles plus systématiques et efficaces. Nous nous battrons aussi sur le budget de la PAC, pour lequel nous avons déjà obtenu des avancées. Et sur le front des crises sanitaires et climatiques.
Ce matin, les agriculteurs m’ont également redit toute leur impatience sur la sortie des décrets d’application de la loi dite Duplomb. D’une manière générale, cela rejoint cet enjeu essentiel pour le respect de la démocratie et de la volonté du législateur : celui de la bonne application des lois dans les meilleurs délais. Nos concitoyens sont parfois étonnés, plus souvent exaspérés, quand ils réalisent qu'une loi se traduit trop tardivement dans les faits. C'est pour cela que j’ai voulu que se tienne, pour la première fois dans l’hémicycle, une séance publique sur les lois pour lesquelles les décrets d'application ne sont pas pris. Cette séance se tiendra le 10 février prochain, et je remercie tous les présidents de Commission et le ministre des relations au Parlement pour leur mobilisation.
**
Mesdames, Messieurs, ces larges consensus que nous avons à plusieurs reprises trouvés dans l’hémicycle notamment pour nos agriculteurs, nous les avons aussi noués pour nos élus locaux. C'est ainsi que le mois dernier, les députés ont voté à l’unanimité pour créer un statut de l’élu local, afin de favoriser, à la veille des municipales, une véritable société de l’engagement dans la Cité.
Libérer l'engagement des femmes, nous l'avons fait aussi avec la loi pour un scrutin de liste paritaire dans toutes les communes. Au pays d'Olympe de Gouges, il était temps que Marianne ait le visage de toutes les Françaises. Et ce n'est pas notre 1er trio féminin à la questure qui me contredira, chères Christine Pirès Beaune, Brigitte Klinkert, et Michèle Tabarot ! C’est une avancée pour la parité que nous pouvons tous saluer !
**
Mesdames, Messieurs, avoir des élus plus représentatifs, c'est bien. Mais leur donner le pouvoir d'agir, c'est mieux. C’est pourquoi j’ai proposé de bâtir une République plus coopérative et horizontale. Tel est le sens de cette politique à échelle humaine qui m’est chère : redonner de la liberté d’agir à nos élus, en confiance et en coresponsabilité.
Cependant, sans attendre le « grand soir », nous avons tant de « petits matins » à gagner – et je crois à cette politique des petits pas. Pour cela, les travaux de la délégation présidée par Stéphane Delautrette, et les rapports d'Éric Woerth et de Boris Ravignon, sont des mines d’or pour activer deux priorités partagées : la clarification des compétences et la simplification – et je me réjouis, Monsieur le Premier ministre, que vous avanciez sur ce chemin.
**
Puisque j'évoque nos collectivités, j’aurai un mot spécial pour les Outre-mer. Notre engagement résolu pour eux va se poursuivre, avec le texte structurant sur la vie chère, dont je souhaite l’adoption dans une version renforcée.
Sur la Nouvelle-Calédonie, malgré la persistance des désaccords, il nous faut continuer à tisser les fils du dialogue. Ces fils que nous avions renoués ensemble, Monsieur le Président du Sénat, lors de notre déplacement. Et je me réjouis que nous nous retrouvions à nouveau ce vendredi, à l’Élysée, pour continuer à avancer.
Quant à Mayotte, je me souviens encore, quelques jours après Chido, de cette urgence que j’ai vue et lue dans les yeux des Mahorais. La loi de refondation doit donc se traduire dans les actes. Concrètement. Sur le terrain.
**
Mais il y a une autre urgence absolue : l'Aide Sociale à l'Enfance. J’ai proposé d’en faire un grand chantier national au vu des immenses défaillances encore relevées par le rapport d’Isabelle Santiago et Laure Miller. En vérité, cela fait trois ans que l'Assemblée place les droits des enfants au sommet des priorités, avec la délégation dédiée, présidée par Perrine Goulet.
Monsieur le Premier ministre, nombre de nos recommandations transpartisanes sont opérationnelles et applicables par voie réglementaire.
Protéger les mineurs, c'est le devoir des majeurs. Celui de la République. Chacun doit y prendre sa part, et le Parlement a démontré qu'il était plus que prêt à prendre la sienne. Là aussi : ça suffit, c'est fini.
**
Mesdames, Messieurs, cette attention aux plus vulnérables, nous devons, avec la même exigence, la porter à nos institutions.
Il nous faut donc renforcer notre État de droit et pour cela, aboutir enfin sur la réforme de l’indépendance du Parquet. Le texte a été voté dans les mêmes termes par nos deux chambres en 2016 : je souhaite donc que le Congrès soit réuni pour l’adopter. Voici un texte qui pourra être utile à tout justiciable à l’avenir.
Prendre soin de nos institutions, c'est aussi continuer d’ouvrir leurs portes aux citoyens, et notamment à notre jeunesse. Et à cet égard je me réjouis que l'Assemblée nationale accueille, dès ce mois, ses premiers volontaires en Service civique, qui réaliseront des actions de médiation citoyenne auprès des scolaires.
Ouvrir nos institutions, c'est aussi continuer à rapprocher démocratie représentative et participative. Je l'ai toujours dit : elles ne sont pas opposées. Elles sont alliées. Nous l'avons prouvé avec la convention citoyenne sur la fin de vie.
Sur la fin de vie justement : cette avancée est attendue depuis trop longtemps par nos concitoyens. L’examen du texte commence au Sénat la semaine prochaine. Chacun doit veiller à ce qu'il arrive à son terme.
**
Monsieur le Président du Sénat, on nous compare souvent à un couple. Comme moi, vous préférez la métaphore de l’orchestre symphonique que nous formons pour l’intérêt général, pour l’État de droit, pour la République.
C'est pourquoi nous avons organisé ensemble la grande marche « Pour la République et contre l'antisémitisme ». Et ce « pour » est vital. Car notre Nation s'est fondée sur une promesse positive : pour la liberté, l’égalité, la fraternité.
C'est le joyau de la Déclaration des droits de l'homme. C'est aussi notre loi de 1905, dont nous avons célébré le 120e anniversaire avec Jérôme Guedj, Alexis Corbière et Brigitte Klinkert.
Cette loi de 1905 garantit que dans notre République, chacun soit libre de croire ou ne pas croire. Or, nous affrontons une résurgence insoutenable des tensions religieuses, du racisme, de l’antisémitisme – encore hier, l’arbre planté à Saint-Genis-Laval, en hommage à Ilan Halimi, a été dégradé et en partie scié. Mais notre République, ce n'est pas ça. Notre République, c'est celle d’Alfred Dreyfus, d’Émile Zola, de Simone Veil, de Robert Badinter. Elle ne trie aucun de ses enfants. Elle les protège tous.
Ce devoir de protection, le Parlement l’a assumé, avec la loi pour lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Mais nous avons aussi besoin que les textes votés soient rigoureusement appliqués. Et nous avons aussi besoin des associations, de cette société de l’engagement citoyen. Car le temps où tout venait d’en haut est révolu.
**
Monsieur le Président du Sénat, ce combat commun pour nos valeurs, nous le menons aussi au-delà de nos frontières. Puisqu'à la fin de ce mois, nous serons au Maroc, pour le forum interparlementaire franco-marocain.
C'est le cœur de notre diplomatie parlementaire : dialoguer de peuple à peuple, tisser ces liens humains qui renforcent la paix. Et notre mission est aujourd'hui d’autant plus vitale en cette ère de prédateurs, marquée par le recours décomplexé à la force et la volonté délibérée de mettre à bas l’ordre international.
Dans ce contexte - et je le dis aussi devant les plus de 90 ambassadeurs présents parmi nous - la France a plus que jamais, le devoir de défendre le multilatéralisme et le droit international. Pour notre pays, il s’agit d’un impératif tout à la fois moral et stratégique.
C'est en effet une question de crédibilité et de sécurité. C'est aussi une condition de notre puissance : puisque la force de notre pays, c'est notre poids dans les instances multilatérales. C'est notre rôle de gardienne du droit et de la Charte des Nations unies. C’est aussi notre vocation, comme patrie des droits de l’homme, à défendre les libertés universelles et la démocratie.
Et en cet instant, je veux saluer la mobilisation de tout un peuple, le peuple iranien, qui lutte, avec un courage inouï, pour sa liberté.
Mesdames, messieurs,
Pour défendre ces valeurs universelles, la voix singulière de notre pays est donc très attendue par de nombreux États. Et cette voix se traduit aussi par des actes concrets. Comme en témoigne la réussite de la dernière réunion de la « Coalition des volontaires », à Paris, en présence des Américains, pour soutenir l’Ukraine,
Mais ne soyons pas naïfs. Ainsi que Pascal nous l’a enseigné, la justice sans la force est impuissante. Pour être libre, il faut être fort et nous faire respecter comme puissance. Cela exige donc de renforcer nos armées – ce qui passe bien sûr par l’adoption d’un budget. Cela nécessite aussi de renforcer l’Union européenne et nos relations avec nos partenaires les plus proches.
Débattre de cet environnement géostratégique pour faire avancer notre agenda diplomatique : tel est le rôle du Parlement. Et tel sera aussi l’objet du débat 50-1 qui aura lieu, la semaine prochaine, dans l’hémicycle, sur le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises internationales.
Au-delà de nos discussions en séance, je tiens également à saluer la qualité remarquable des travaux produits par nos Commissions des Affaires étrangères et européennes – chers Bruno Fuchs et Pieyre-Alexandre Anglade. Comme je salue le travail de nos 150 groupes d’amitié et de leurs présidents !
Des deux plénières de l’Assemblée parlementaire franco-allemande jusqu'au G7 parlementaire d’Ottawa, en passant par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie que l'Assemblée et le Sénat ont accueillie – et j’en remercie notamment Amélia Lakrafi et Dieynaba Diop – nous avons fait bloc, ensemble, pour porter nos valeurs ou construire une Europe souveraine.
En 2026, notre diplomatie continuera d’être aussi, résolument, une diplomatie féministe. Et je remercie ici notre Délégation aux droits des femmes et sa Présidente Véronique Riotton. En mars, nous serons ensemble aux Nations unies pour porter notre diplomatie féministe et défendre nos sœurs opprimées, en Afghanistan, en Iran, partout.
Alors que l’ordre mondial est plus que jamais un désordre mondial, cette année diplomatique s’annonce donc dense et intense. Une année dont le point d’orgue aura lieu en septembre, lorsque nous accueillerons le G7 Parlementaire.
**
Mesdames, Messieurs, pour conclure, un mot sur l'esprit qui doit nous animer. Je ne suis pas naïve : en cette année, la tentation sera grande. Tentation du chacun pour soi. Tentation de la radicalité. Tentation du mot qui blesse.
Dans cette période, cessons de dresser des murs d'obstruction, bâtissons des ponts de solutions. Et osons, je dis bien osons, la nuance, la pondération, la modération. On la confond trop souvent avec la tiédeur. Or la modération n'est pas tiédeur, c'est une rigueur. Albert Camus en était un farouche partisan, lui qui nous prévenait ainsi, je cite : « On dit d'un homme : “C'est un homme équilibré”, avec une nuance de dédain. Mais en fait, l'équilibre est un effort et un courage de tous les instants. La société qui aura ce courage est la vraie société de l'avenir. »
Alors, en 2026, ayons ce courage de tous les instants. Vive le Parlement, vive la République, et vive la France !