Éloge funèbre en hommage à Mme Béatrice Bellamy
Mardi 7 juillet
Hémicycle de l'Assemblée nationale
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs les proches de Béatrice Bellamy,
Le 24 mai dernier, l'annonce du décès de notre collègue Béatrice Bellamy a soulevé sur nos bancs une onde de choc et d’émotion.
Une émotion profonde, poignante, sincère.
Une émotion qui, dans un même et digne recueillement, a transcendé tous nos clivages.
Ici même, devant la Représentation nationale, Monsieur le Président Marcangeli, vous aviez trouvé les mots justes, en rappelant que : « Béatrice Bellamy témoigne de ce qui est beau dans l’action publique. »
C'est cette beauté de l'action, cette énergie lumineuse et généreuse au service des Vendéens et de la France, que l'Assemblée nationale honore aujourd'hui.
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De Béatrice Bellamy, nous retiendrons cette passion permanente, fervente, ardente : la passion de l’engagement.
Un altruisme qu'elle portait, littéralement, dans le sang.
Ayant grandi à Cugand, elle fut marquée et inspirée par l'exemple de ses parents : Marie-Thérèse, infirmière, et Gilles, médecin de campagne.
C'est ce lien charnel avec le monde du soin, cette empathie, qui guidèrent sa vie professionnelle. D'abord comme préparatrice en pharmacie. Puis, durant 25 ans, dans l'industrie pharmaceutique — de la phytothérapie à Cahors jusqu'à ses hautes fonctions de directrice régionale pour Sanofi pour l’Ouest de la France.
Partout où elle passait, du Sud-Ouest à la Vendée, Béatrice Bellamy nouait des amitiés indéfectibles. Chacun aimait sa personnalité. Courageuse. Volontaire. Souriante. Et toujours bienveillante.
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Cet altruisme, ce dynamisme et cette irremplaçable culture du terrain, Béatrice Bellamy les porta sur les bancs de notre Assemblée, dès sa première élection en 2022.
Au Palais-Bourbon, elle s’imposa ainsi comme la voix incontournable, écoutée et respectée, du monde du sport.
Si elle l'aimait tant, c'est d’abord parce qu'elle en incarnait les valeurs : la combativité, le dépassement de soi, l’esprit d’équipe.
C'est aussi parce qu'elle en était une ardente pratiquante. En adepte de la marche nordique, elle parvenait encore, au début de son mandat, à se lever à l'aube, le week-end, pour arpenter les sentiers.
C'est donc avec bonheur et conviction que Béatrice Bellamy s’engagea, au sein de notre Commission des affaires culturelles et de l’éducation, pour le « sport-santé » et l’inclusion. Elle fut aussi rapporteure pour avis sur le projet de loi relatif à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, et rapporta celui sur les Jeux d’hiver 2030.
Son engagement s’illustra également dans le combat transpartisan acharné qu'elle mena contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport, aux côtés de Sabrina Sebaihi.
Ce dévouement sans faille, elle l'appliqua avec la même rigueur à un autre de ses engagements, pour l'accès aux soins, elle qui co-présida le groupe d'études sur les déserts médicaux.
Personnifiant la société de l’engagement, elle savait ce que la France doit à ses associations et à ses bénévoles. C'est pour eux qu'elle se battit lors de l'examen de la loi soutenant l'engagement associatif, pour faciliter le mécénat de compétences.
Béatrice Bellamy était en somme une députée exemplaire et d’excellence. Une députée passionnée et passionnante. Une députée loyale, humble, travailleuse. Une députée qui nous manque tant aujourd'hui.
Comme elle manque tant aux habitants de la 2e circonscription de la Vendée, de La Roche-sur-Yon à Chantonnay, de Talmont-Saint-Hilaire aux Achards.
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Car Béatrice Bellamy était aussi une élue locale engagée, enracinée, authentique, qui avait fait de la proximité et de la disponibilité ses deux maîtres-mots.
Sa vie politique commença à seulement 23 ans, lorsqu’elle fut élue conseillère municipale à Cugand.
Après une parenthèse pour se consacrer à ses deux garçons, Pierre et Jean, elle replongea dans le bain de la vie publique en 2008, à La Roche-sur-Yon. D'abord comme conseillère municipale, puis comme conseillère déléguée aux événements sportifs dans l’équipe du maire Luc Bouard, elle défendit le sport comme vecteur précieux pour la prévention et l’inclusion.
C'est ainsi qu'elle sillonna les terrains de sport yonnais pendant douze ans. Les compétitions, les 230 manifestations sportives annuelles, remplissaient ses week-ends.
Au Hogly, le club de hockey sur glace où jouait son fils, elle continuait, même députée, de tenir la buvette les soirs de match. Et à ceux qui s'étonnaient de voir une parlementaire servir au bar, elle répondait avec son légendaire sourire : « Mais si, c'est exactement la place d'un député de vous servir et de vous écouter ! »
C’était aussi cela, Béatrice Bellamy : l’humilité. La proximité. L’écoute.
L’engagement aussi pour le tissu associatif, elle qui donna naissance en 2015 à « La Joséphine ».
Cette course solidaire, 100 % féminine, au profit de la lutte contre le cancer du sein, est devenue le symbole d'une immense vague rose de solidarité, rassemblant plus de 23 000 participants chaque année et essaimant jusqu'au Canada et au Sénégal.
Cette course lui ressemblait tant : volontaire, joyeuse, engagée, fédératrice.
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Car Béatrice Bellamy, c'était aussi une façon d'être en politique.
Elle était, pour reprendre vos mots, cher Didier Bellamy, « une incarnation de la joie de vivre ».
Rares sont ceux qui la virent un jour élever la voix. Après tout, comme elle le disait : « la politique, c'est d’abord savoir écouter l’autre pour l’intérêt général. »
Elle ne recherchait jamais la lumière ; pourtant, partout où elle passait, elle éclairait les autres.
Telle était Béatrice Bellamy. Toujours d'une énergie positive et communicative. Toujours bienveillante et solaire.
Et bien sûr, toujours d’un amour infini pour les trois hommes de sa vie.
Ses deux fils, ses deux fiertés. Pierre, qui soutiendra sa thèse de médecine en septembre, poursuivant ainsi la tradition familiale. Jean, qui achève brillamment son école de journalisme.
Et Didier, son époux, son compagnon d’amour et d’art. Avec lui, elle n’eut de cesse de parcourir les expositions, de fréquenter les théâtres — en fidèle du festival d’Avignon — ou les salles de concert — elle qui avait vu cinq fois les Rolling Stones.
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Mesdames et Messieurs, pugnace et pudique sur son cancer, Béatrice Bellamy fut une députée engagée jusqu'à son dernier souffle.
Pour citer ici son fidèle trio, Joséphine, Maximilien et Sophie : « Femme forte elle était, femme forte elle est restée. »
Lors des cérémonies du 8 mai dernier, épuisée par la maladie, mais digne, debout, ceinte de cette écharpe tricolore qu'elle était si fière de porter, elle prononça son dernier discours, dans sa circonscription, au Martinet. Une intervention d'une force inouïe sur la transmission de la mémoire et la résilience de notre Nation.
Et par une poignante symétrie, l'un de ses tout derniers actes de députée aura été de signer un courrier adressé à la ministre des Sports sur sa grande cause : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Mes chers collègues, il y a un an jour pour jour, nous apprenions la disparition d'Olivier Marleix.
Aujourd'hui, nous honorons la mémoire de Béatrice Bellamy.
Les causes, les engagements, les destins de chacun sont différents. Mais ces moments de douleur, d’affliction, nous font ressentir, très au-delà de tous nos clivages, que nous appartenons à une même famille : la famille parlementaire.
Nous sommes souvent critiqués, régulièrement caricaturés, parfois conspués. Pourtant, des parcours comme celui de Béatrice Bellamy nous rappellent cette vérité essentielle : l'engagement politique en vaut la peine.
Sa noblesse est de servir,
sa mission est de bâtir,
sa grandeur est d'unir.
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Mesdames, Messieurs,
Lors du dernier au revoir, à La Roche-sur-Yon, la famille de Béatrice Bellamy a fait jouer une chanson qui lui ressemblait tant : « She’s a Rainbow », des Rolling Stones.
Merci, chère Béatrice Bellamy, d’avoir été notre arc-en-ciel.
Au nom de la Représentation nationale, j’adresse nos pensées les plus émues à tous ses proches, spécialement à son mari Didier, et à ses fils Pierre et Jean présents en tribunes. Qu'ils sachent que l'Assemblée nationale se tient à leurs côtés.
J'adresse également mes pensées aux députés du groupe Horizons,
au Président Laurent Marcangeli,
au député Dominique Paillat, dont Béatrice Bellamy appréciait tant la loyauté et l’engagement,
et à tous ceux qui pleurent aujourd'hui une collègue et une amie.
Mes chers collègues, en hommage à Béatrice Bellamy, je vous invite à observer une minute de silence.