Ouverture de la 34e cérémonie des Prix du Trombinoscope

Mercredi 11 février

Galerie des Fêtes

SEUL LE PRONONCÉ FAUT FOI

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les membres du Bureau,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les élus locaux,

Monsieur le Président du Trombinoscope,

Monsieur le Président du jury,

Mesdames et messieurs les journalistes et éditeurs de presse,

Mesdames, Messieurs,

Avant toute chose, j’aimerais souhaiter un joyeux anniversaire au Trombinoscope.

Cette année 2026 marque, en effet, un double millésime.  

Avec d’abord le 155e anniversaire de la création du tout premier Trombi par Léon-Charles Bienvenu, alias « Touchatout ».

Mais aussi le 45e anniversaire de la renaissance du titre.

Nous étions alors en 1981. Félix Colin, journaliste parlementaire, vient de couvrir l'élection de François Mitterrand. Peu de temps après une dissolution – réussie, cette fois – c'est la vague rose aux élections législatives.

Voyant chacun un peu perdu pour reconnaître tant de nouveaux députés, Félix Colin a alors l’idée de cette antisèche visuelle.

Et la préface de ce tout premier numéro de 1981 est un bijou d'humour. Félix Colin expliquait qu'il fallait, je cite, aider à « reconnaître les [députés] et distinguer... un barbu de Landerneau ou de Castelsarrasin, nouvel élu du Peuple, d’un Iroquois en vacances. »

Et il ajoutait ceci : « Les huissiers et appariteurs de l'Assemblée nationale, qui sont pourtant d’excellents physionomistes, sont en train de refaire leurs classes en un dur apprentissage… »

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45 ans plus tard, et bien heureusement, nous avons appris à distinguer les Iroquois des députés – et certains d’entre eux seront même mis à l’honneur ce soir, lors de notre remise des Prix.

Concernant justement ce palmarès 2026, et sans vouloir le divulgâcher, permettez-moi cependant une incise plus personnelle.

J’ai en effet un lien particulier et singulier avec cette cérémonie. Pourquoi ? Car depuis 2021, nous avons ensemble inauguré une véritable tradition que je qualifierais de triennale, vous allez comprendre pourquoi…

En 2021, le Jury me remettait le prix de « Députée de l’année ». Un an plus tard... j’étais élue Présidente de l'Assemblée nationale.

En février 2024 encore, je recevais, avec le Président du Sénat, le Prix des « personnalités politiques de l’année », après notre marche pour la République et contre l’antisémitisme, et qui honorait ces valeurs qui nous sont chères : humanisme, ouverture et tolérance.

Vous connaissez l’adage : « jamais deux sans trois ». Après les cérémonies de 2021 et 2024, c'est donc avec une certaine impatience, vous l’aurez compris, que j’attends les Prix de l'an prochain !

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Mesdames et Messieurs les journalistes, plus sérieusement, dans cette période tourmentée et tourbillonnante pour nos démocraties libérales, votre rôle est plus crucial que jamais.                                                      

À quelques semaines des élections municipales, et alors que se multiplient les fausses informations et les ingérences étrangères, nous avons besoin de vous. Besoin de votre capacité à éclairer les débats, à distinguer le vrai du faux, à faire primer la raison sur l’émotion, la nuance sur la passion.

Je veux donc vous remercier pour tous vos articles affûtés et éclairés… Même si vos critiques sont parfois aussi tranchantes et intransigeantes que les caricatures de notre cher « Touchatout » d'il y a 155 ans !

Mais parler de la presse libre, c'est aussi penser à ces voix que l'on veut bâillonner, censurer et enfermer.

Mesdames et Messieurs les journalistes, je veux donc avoir ici une pensée pour votre confrère Christophe Gleizes. Il a fêté la semaine dernière ses 37 ans en détention, sur le territoire algérien. Avec la représentation nationale, lors des Questions au Gouvernement du 3 février dernier, nous avons réaffirmé toute notre mobilisation pour exiger sa libération immédiate. Fin janvier, avec le Président de la Commission des Affaires étrangères et le Président du Groupe d’amitié France-Algérie, j’avais également reçu la famille de Christophe Gleizes, pour leur promettre que nous ne lâcherons rien pour sa liberté.

Car la France ne transige jamais : ni avec la liberté d’informer, ni avec la sécurité de ses ressortissants.

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Mesdames et Messieurs, alors que nous célébrons la liberté de la presse, une vieille tradition nous réunit aujourd'hui.

Un moment un peu magique, et pour nous autres politiques, une vraie parenthèse enchantée : puisque pendant une heure, les plus critiques d’entre vous seront autorisés – que dis-je, encouragés ! – à dire du bien de nous. À nous remettre des prix. À nous faire des compliments. C'est un moment aussi rare que précieux - et vous comprendrez donc pourquoi, année après année, je tiens tant à ouvrir cette cérémonie.

Je vous remercie, et c’est avec plaisir que je cède la parole à Alexandre Farro, Président du Trombinoscope.

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