Réunion commune du Bureau de l’Assemblée nationale et du Präsidium du Bundestag allemand

Discours du Président de l’Assemblée nationale, prononcé en réponse à Wolfgang Schäuble
(seul le prononcé fait foi)
Jeudi 20 septembre 2018

Monsieur le Président du Bundestag, cher Wolfgang Schäuble,
Mes chers collègues membres du Präsidium du Bundestag et du Bureau de l’Assemblée nationale,
Madame et Monsieur les présidents de commission et de groupe d’amitié,
Madame l’Ambassadrice,
Messieurs les secrétaires généraux,

À mon tour de rendre hommage à la force de la relation franco-allemande, cette force qui nous unit et se transmet à travers les années.

De mon histoire personnelle je retire l’expérience du caractère unique de cette relation et je ne me lasserai pas de le répéter. À Paris, lors de notre séance du 22 janvier dernier à l’Assemblée nationale, j’avais souligné mon appartenance à ces générations de Français et d’Allemands qui ont pu se rencontrer, échanger et se comprendre, qui ont appris de leurs différences comme de leurs ressemblances.

C’était, cher Wolfgang Schäuble, la première réunion commune de nos deux Bureaux depuis les renouvellements successifs de nos deux assemblées en 2017.

J’avais également évoqué ce souffle nouveau qui guérit les cicatrices de l’Histoire. Aujourd’hui, je ressens encore ce souffle bienfaisant, et je suis certain que, toutes et tous, nous avons pleinement mesuré l’intensité du moment.

Je voudrais souligner, en cet instant, la parfaite organisation de cette réunion et remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui y ont contribué, à commencer par vous, Monsieur le Président du Bundestag.

L’ensemble du programme a enthousiasmé tous les participants et, dans notre délégation, c’est à l’unanimité que nous avons apprécié les charmes de Lübeck : merci de nous avoir ouvert une si belle et si large perspective sur le monde hanséatique.

À n’en pas douter, cet esprit d’ouverture laisse présager un avenir des plus fructueux pour notre coopération parlementaire.

Celle-ci vient renforcer, s’il en était besoin, la volonté de nos deux pays de renouveler leur serment d’amitié par un nouveau Traité.

J’ai parlé d’amitié : il ne faut jamais oublier cette dimension fondamentale, même si diverses préoccupations vont surgir, compte tenu des calendriers politiques et des échéances électorales qui font planer tant d’incertitudes, notamment sur le projet européen.

Nos débats ont démontré, chacun en conviendra, que la souveraineté des peuples s’exprime par la voix de leurs représentants. C’est pourquoi les échanges interparlementaires sont si précieux et je dirais même : irremplaçables. Au-delà des étiquettes politiques, cette double conviction nous rapproche pour la défense et la promotion de valeurs communes.

Mais nous avons aussi besoin de projets concrets, tangibles, afin de montrer la réalité du socle formé par l’Allemagne et la France au sein de l’ensemble européen. Nous sommes des parlementaires et l’une de nos fonctions consiste bien sûr à prononcer des discours ; à nous de faire en sorte que des actes viennent confirmer ces discours.

C’est là, je crois, le message essentiel que nous devons adresser à nos électeurs respectifs. Le futur accord parlementaire, comme le futur Traité de l’Élysée, sauront tenir les promesses faites entre nos deux pays.

Nos concitoyens le souhaitent, ils attendent même impatiemment ces évolutions. Nous devons en avoir toujours conscience, nous agissons sous le regard de celles et de ceux qui, dans leur vie quotidienne, sauront vérifier si les engagements pris ont été tenus.

Je pense, par exemple, aux populations frontalières de nos deux pays. On ne peut trouver meilleur exemple de l’impact direct de nos orientations pour améliorer la coopération entre l’Allemagne et la France, dans tous les domaines, qu’il s’agisse de questions juridiques, commerciales ou scolaires.

Le défi est donc toujours renouvelé et nous savons, après une journée comme celle qui vient de s’écouler, que nous avons les moyens politiques de le relever. Tout particulièrement, je salue la grande idée que serait la création d’une assemblée parlementaire commune qui pourrait avoir pour rôle de suivre la mise en oeuvre des décisions des conseils des ministres conjoints. Voilà une nouvelle dimension de notre engagement qui porterait sur du concret.

D’ici là, cher Wolfgang Schäuble, nous nous retrouverons pour, je l’espère, la conclusion de notre accord parlementaire. Nous avons évoqué ensemble les premières perspectives pour cette date symbolique du 22 janvier 2019.

Quelle que soit la prochaine étape de notre vie commune – si j’ose le dire ainsi – vous êtes les bienvenus à l’Assemblée nationale où, comme vous le savez déjà, vous serez toujours accueillis en amis.

Je vous remercie.

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