Ouverture du concours d’éloquence dans le cadre de la 3e édition de la Semaine Olympique et Paralympique à l'École

 Concours d’éloquence olympique

Salle Colbert – Jeudi 7 février 2019
Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames et messieurs les Députés,

Mesdames et messieurs les Maires et Adjoints au maire,

Mesdames et messieurs les Professeurs,

Mesdames et messieurs les membres du jury,

Mesdames, messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi d’ouvrir ce concours d’éloquence consacré aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Collégiennes, collégiens, lycéennes, lycéens, venus de sept établissements de Seine-Saint-Denis, vous serez amenés cet après-midi à faire entendre votre voix, dans ces lieux chargés d’histoire, où la parole est, si je puis dire, un sport de combat.

Quel meilleur endroit en effet que l’Assemblée nationale pour abriter un tel concours ?

Elle en a connu, cette salle, des joutes oratoires, des débats, des affrontements. Et elle en connaîtra bien d’autres encore, que mènera, brillamment j’en suis sûr, votre génération.

Dès cet après-midi, deux prix seront décernés aux équipes qui, par leur originalité, leur esprit, leur capacité à nous surprendre, à nous faire rire, parviendront à convaincre les membres du jury ici présents. Je tiens à les saluer et à vous souhaiter à tous : bonne chance !

Quelle idée formidable que de mêler ainsi éloquence et olympisme. L’une et l’autre portent des valeurs communes : celles de la justice et de la cohésion sociale ; l’une et l’autre font primer le collectif sur l’individualisme, privilégient toujours l’échange au repli sur soi. Ces valeurs, nous les portons sans relâche, et je tiens à vous en dire un mot.

L’éloquence, d’abord, que le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a consacrée comme savoir fondamental dans le parcours éducatif de tous les jeunes de notre pays.

Je crois, comme lui, à l’importance de l’expression orale et de l’apprentissage de la prise de parole en public pour s’armer contre les inégalités sociales et combattre à tout prix leur reproduction.

C’est pourquoi désormais, dès l’école primaire, les élèves suivront un enseignement hebdomadaire d’éloquence qui leur permettra de découvrir cet art si singulier. C’est dans cette même logique qu’à partir de la rentrée 2019, une demi-heure d’éloquence viendra s’ajouter aux quatre heures de français de tous les élèves de troisième. C’est pour cela, enfin, qu’un grand oral vient désormais compléter les épreuves du baccalauréat.

Nous devons encourager les ateliers d’éloquence, la transmission de la parole comme celle de tous les savoirs, comme nous devons encourager aussi le théâtre, qui offre à nos enfants, qui vous offre à vous, de nouvelles voies d’expression.

C’est l’une des priorités majeures de ce quinquennat, et les mesures qui seront examinées dans le cadre de la loi « pour une école de la confiance », la semaine prochaine, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, permettront de les promouvoir encore davantage.

La jeunesse, période d’éveil au monde et à l’engagement, doit être marquée par le goût des mots, brandis et partagés.

L’olympisme, ensuite.Comme l’a dit le Président de la République, l’aventure qui nous attend en 2024 est faite « de passions et d’engagements ».

Ces Jeux nous rassemblent, bien au-delà des querelles politiques et des clivages partisans. Ces jeux, j’y tiens beaucoup, seront ceux de tous les territoires, de toutes les générations, de tous les acteurs. Publics, privés, professionnels, amateurs, olympiques, paralympiques. Ces jeux seront ceux de l’émancipation, de l’apprentissage de la vie, du collectif, de l’entraide. Si la joute oratoire n’est pas – encore ! – une discipline olympique, elle en a toutes les qualités.

Je voudrais, pour finir, saluer l’initiative de Madame Madioula Aidara Diaby, première adjointe au maire de L’Île-Saint-Denis, à l’origine de ce formidable projet, ainsi que les équipes éducatives des collèges
Rosa-Luxembourg, d’Aubervilliers ; Louis-Pasteur, de Gennevilliers ;
Alfred-Sisley, de L’Île-Saint-Denis ; Pompidou, de Villeneuve-la-Garenne ; le Collège Assomption de Bondy – sans oublier les lycées Le Corbusier d’Aubervilliers et Bartholdi de Saint-Denis.

Merci également à la députée Amélia Lakrafi d’avoir amené ce beau projet dans notre assemblée, et à Yvan Wouandji, vice-président du concours.
Vice-champion olympique de cecifoot avec l’équipe de France, et ambassadeur des JO 2024, il nous montre que la fatalité n’existe pas : par la volonté, la ténacité, le travail, on peut arriver au plus haut niveau. Je salue son parcours extraordinaire et aussi sa générosité, puisqu’il a accepté de se mobiliser pour ce concours et pour l’olympisme. Bravo à tous pour votre engagement, votre dévouement, qui font tant pour nos jeunes. Vous leur prouvez chaque jour, comme ne cesse de le rappeler le Président de la République depuis sa campagne, que rien n’est joué d’avance, que le travail émancipe, qu’il est source d’espoir et de progrès. Comme lui, je veux vous dire « mon ennemi, c’est l’assignation à résidence » ; comme lui, je souhaite attaquer les inégalités à la racine. Et je suis convaincu que la parole est une arme formidable pour cela.

Peut-être ai-je devant moi de futurs champions olympiques, le temps nous le dira. Une chose est sûre, j’ai devant moi des équipes talentueuses, motivées qui, toutes, méritent de l’emporter. Alors surprenez-nous, déstabilisez-nous mais surtout amusez-vous !

Je vous remercie pour votre attention et vous cède la parole, en pensant à ces mots de Montaigne : « La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute. » À vous donc !